La planète financière connaît une crise noire et notre chef, pourtant en charge du pays, mais aussi du G20, du G7 et du G8, la coule douce au Cap Nègre.
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La planète financière connaît une crise noire et notre chef, pourtant en charge du pays, mais aussi du G20, du G7 et du G8, la coule douce au Cap Nègre.
Savez-vous en quoi consiste la « compétitivité équitable » du Medef ? Réponse : supprimer l'horaire légal de travail, ne plus payer d'heures supplémentaires, conserver les allègements de charges et ne pas augmenter les salaires !
Au Medef, on a le chic pour éviter les mots qui fâchent au profit d'expressions nébuleuses mais ... nettement plus élégantes. Ainsi, Laurence Parisot dans sa conférence de presse du 5 juillet
ne parlait pas de « flexibilité accrue » mais « d'adaptabilité » et de « compétitivité équitable »
Et oui, le mot flexibilité c'est évocateur, mais laid ! Et pourtant, c'est bien ce qu'a décrit Laurence Parisot au cours de sa conférence de presse.
Il faut savoir que dans le raisonnement du Medef, le salarié est une sorte de « partenaire » qui a d'immenses devoirs, mais doit être conscient que ses droits doivent être minimes, sous
peine de voir son entreprise pérécliter.
Donc, selon Laurence Parisot : « (...) Les 35 heures continuent à faire des dégâts, notamment parce que le dispositif 35 heures a créé dans les esprits l’idée que la base horaire était devenue une finalité dans le travail. Alors que cela doit être d’abord un moyen (...) »
En clair, salariés, la dolce vita est terminée. Oubliez vos RTT, investissez-vous, autant qu'il est nécessaire, mobilisez-vous, mais ... à titre quasi gracieux !
Car, dixit Laurence Parisot : « (...) un tel mouvement doit profiter à la fois à la question du coût du travail avec une baisse de la cotisation
employeurs, mais aussi profiter au salaire net des salariés, avec une baisse de la cotisation des salariés (...) »
Profiter au salaire net des salariés, mais de combien ?
Pour en connaître le montant, il est bon de se référer à une intervention du Medef, en mars
2011 : « (...) la contrepartie offerte aux salariés est expliquée par le chef de file de la délégation patronale, Patrick Bernasconi : (...) La
réduction maximale de cotisation est fixée à 0,4 point. Le taux de cotisation est actuellement de 6,40% : 4% sur la part employeur et 2,4% sur la part salariale (...) La baisse prévue représente (...) 60 à 70 euros de pouvoir d’achat en plus pour un salarié (...) »
Au delà de ce pourboire, Laurence Parisot nous confie comment elle entend rénover les relations entre salariés et employeurs, dans le cadre de la « compétitivité équitable » :
« (...) du point de vue de la durée du travail, cela veut dire que nous gagnerions en adaptabilité si la durée du travail
devenait une durée conventionnelle. Une durée conventionnelle, cela veut dire une durée qui se négocie au niveau de l’entreprise, éventuellement au niveau de la branche. Cela, c’est un apport en souplesse qui nous rend plus compétitif ou plutôt également compétitif au sens de aussi compétitif et c’est bien de la compétitivité équitable
car dans équitable, il y a le respect de chacun et notamment des salariés de nos entreprises (...) »
Revenons deux secondes à la définition de la « laide » flexibilité, proposée par la Banque de Ressources Interactives en
Sciences Economiques et Sociales. Elle en définit plusieurs types, dont deux, sont bien connues des salariés
« (...) La flexibilité quantitative externe se réalise par le recours au marché du travail. Elle consiste à faire varier les effectifs de l'entreprise en
fonction des besoins par le recours aux contrats de travail précaires et les licenciements. (Plus de
600 000 ruptures conventionnelles depuis sa création )
La flexibilité qualitative externe consiste à remplacer le contrat de travail par un contrat commercial plus facile à rompre. On peut citer le recours aux
travailleurs intérimaires (...) » (Lire : les effectifs intérimaires sont en hausse de 17 % depuis le 1 er janvier )
Et une qui ressemble à s'y méprendre à « l'apport en souplesse » vantée par madame Parisot !
La flexibilité quantitative interne s'obtient par la variation de la durée de l'activité en fonction de la production : variation des horaires de travail,
utilisation de temps partiels, annualisation de la durée du travail : les creux dans l'activité de l'entreprise sont compensés par les périodes de boom ce
qui évite le recours aux heures supplémentaires plus onéreuses (...) »
Cette souplesse ne saurait bien entendu mettre fin aux allègements de charges qui : « (...) ne sont pas un cadeau. Les allégements de charges sont une
nécessité. Sans ces allégements de charges, la situation de notre commerce extérieur serait bien pire encore (...) »
Résumons nous : Plus de flexibilité et de productivité des salariés cumulé au maintien des allègements de charges. Donc plus de profits à distribuer aux actionnaires ! Maintenant, pour
ce qui concerne les dits salariés, ce serait à l'état de prendre en charge ou transférer sur le consommateur/salarié cette
baisse de cotisation. CQFD !
On pourra regretter que Laurence Parisot n'ait pas eu le temps de de nous expliquer en quoi les 35H00 ont été si désastreuses pour les profits des entreprises du CAC 40 et ses
actionnaires ?
2007 : « (...) près de 95
milliards d'euros (...) »
2008 : « (...) près de 85 milliards d'euros de
bénéfices (...) »
2009 : « (...) 49,6 milliards d'euros de profits (...) »
2010 : « (...) Plus de 80 milliards d'euros de
bénéfices (...) »
Entreprises qui, au demeurant, payent infiniment
moins d'impôts, sur les sociétés que les PME, voire, pas du tout !
Quant aux rémunérations des dirigeants exécutifs des entreprises du SBF 120. Indice qui comprend les 120 principales sociétés cotées en France et donc celles du Cac 40, on pourra constater, que
la vie n'a pas été trop dure en 2009 comme en 2010.
Mais comme le dit Laurence Parisot : « (...) La France a changé. L’Europe a changé. Le monde a changé (...) » Et c'est pourquoi, elle
affirme sans rire que : « (...) Dans une telle approche globale, sans limite dans le temps, sans contrainte, nous pouvons avoir l’espérance de remplir
cet objectif d’une meilleure compétitivité au service de tous (...) »
Reste à savoir la définition exacte du : Tous ... de Laurence Parisot !
Le service de la dette en France : 125 millions d’€uros par jour ! Des chiffres qui donnent le vertige et la mesure de la
criminelle incurie de notre classe dirigeante. Mais la France est si riche que les équarrisseurs peinent à dépecer la bête agonisante.
Selon les calculs d’A-J Holbecq[1] « les soldes primaires (sans intérêts) des budgets des Administrations publiques sont, en euros constants à la valeur de 2010, sensiblement en équilibre moyen sur la période 1980-2008. Or les déficits actuels des budgets des Administrations publiques sont dus aux intérêts qu’il a fallu payer et qui représentent maintenant en France le second poste budgétaire après l’enseignement. Fin 1979, la dette, déjà injustifiable, atteignait 243 Md€ (21% du Pib) ; décembre 2010, la dette s’établit à 1591 Md€ soit 82% du Pib ! Entre 1980 et 2010 la dette a donc augmenté de 1348 Md€. Et nous avons sur cette période payé 1 408 Md€ pour les seuls intérêts : 125 millions par jour en moyenne, 5 millions par heure ! Ces intérêts - que nous avons dû évidemment emprunter - ont, par effet boule de neige, démesurément grossi la dette. Or, si nous n’avions pas eu à payer ces intérêts la dette publique ne serait que de 194 Md€, à savoir 10% du Pib, autrement dit aussi faible en 2011 qu’en 1979 ! ».
Autres chiffres illustratifs de l’état de déshérence de la France et de sa dépendance à l’égard des charognards du pillage agissant en bandes légalement organisées : le « service de la dette » inclut le remboursement du capital emprunté et représente pour l’État – il ne s’agit ici que d’un ordre de grandeur – un montant identique à la totalité de ses recettes fiscales directes, ou encore de ses rentrées liées la TVA, sachant que celles-ci se montaient en 2009 à 169,3 mds d'€ sur un total de recettes fiscales de 325,9 mds d'€ !
Ajoutons que la dette publique désigne l’ensemble des dettes contractées par l’Administration française auprès de prêteurs privés français ou non, mais qu’en réalité cette dette avouée masque les engagements hors bilan. De cette façon, l'application des normes comptables utilisées par les entreprises privées indique un surcroît de dette publique n’apparaissant pas à première vue d’environ 790 à 1 000 milliards d'€uros, soit une créance globale frisant les 3000 mds d’€… Précisons qu’en décembre 2008 la dette par habitant était déjà estimée à 20 600 € et d 47 400 par actif, le service de la dette publique étant à cette date de 850 € par tête de pip et 1950 par actif ! Chiffres à la fois éloquents et très équivalents à ceux qui justifient à présent de tirer à boulets rouges sur la Grèce en l’accablant de tous les mépris en raison de l’impéritie et du laxisme de ses gouvernements… Mais c’est ignorer délibérément la partie immergée de M. Iceberg.
Une dette irremboursable.
Nous sommes, il est vrai, passés d’une économie de l’épargne à une économie de l’endettement, autrement dit au règne sans partage des créanciers qui au prétexte de Crédit ont légalisé, banalisé et systématisé la pratique ignoble d’une usure qui ne dit pas son nom et qui pourtant a fait objet d’un bannissement millénaire de la part des trois grandes civilisations que sont l’Hindouisme (Lois de Manou), la Chrétienté et l’Islam.
Nous savons tous que les généreux crédits à la consommation se mutent trop souvent d’un coup de baguette magique en usure rapace exigeant chaque mois son dû de chair fraîche à la vilaine façon du Marchand de Venise de Shakespeare… L’attachement à la glèbe des anciens serfs n’étaient peut-être finalement pas plus odieux que le fil à la patte d’une dette perpétuelle (à croissance exponentielle et transmissible à ses héritiers) dont seule la mort ou la misère noire sont parfois susceptibles de vous délivrer… Songeons à ces pauvres gens qui, dans la libre Amérique, se sont laissés berner par des propositions mensongères et qui, ayant abandonné leur demeure continuent pourtant à en payer les mensualités !
Qui en effet parmi nous n’a fait, à titre personnel, l’expérience poisseuse de ces « crédits revolving » que des employés de banques, abusant d’une prétendue relation de confiance, avaient à charge de fourguer à leurs clients en mal de trésorerie ? Des prêts miraculeux qui s’avéraient très rapidement irremboursables aux maigres revenus. C’est le fascinant paradoxe purement arithmétique du grain de riz déposé initialement sur la premier carreau d’un échiquier et que l’on double chaque case suivante jusqu’à la 64e et dernière [1]… ainsi va la dette gonflant exponentiellement jusqu’à ce qu’elle - comme toute « bulle » - implose avec fracas. Or c’est d’abord cet effondrement que les dirigeants européens veulent éviter, ce n’est donc pas les économies en faillite qu’ils veulent prioritairement sauver, mais les banquiers et financiers qui n’ont pas su modérer leurs voraces appétits… Qu’on se le dise !
Or ce qui arrive aux individus advient également aux États : l’empilement des grains de riz de la dette en creusant des déficits abyssaux, édifie par contrecoup d’invraisemblables Himalaya de créances obligeant les pays à se vendre en pièces détachées dans le futile espoir d’un illusoire remboursement… Illusoire parce que les dettes de certains États sont à ce point colossales qu’elles sont à jamais irremboursables, et cela dans l’impunité absolue pour les trafiquants de l’ombre qui manipulent la Dette à leur gré et savent s’en servir pour faire plier dans le bon sens les hommes de paille placés aux postes de commande.
La chasse aux banksters et à ceux qui les servent est ouverte !
Les chiffres qui ont été donnés en préambule nous aident à mieux comprendre qu’ainsi, aucun des trois États en faillite officieuse (Grèce, Irlande, Portugal) et structurellement « économiquement faibles » ne pourront jamais sans sortir seuls du marasme où ils se trouvent plongés. Et cela quelques soient les plans d’austérité et les sacrifices consentis qui aujourd’hui mettent en outre en péril le branlant édifice de l’€uro. [2]
Car à partir de là les Européens sidérés, lorsqu’ils en seront réduits à la mendicité, et il deviendra aisé de leur présenter le Fonds monétaire international ou la Banque centrale européenne, toutes deux « filiales » de la Banque des règlements internationaux (cette tête de la pieuvre aux mille bras dont le repaire est à Bâle, (berceau des apocryphes Protocoles !) comme les sauveurs ultimes, quand bien même ils sont les institutions et représentants visibles de leurs créanciers [3]. Au bout de mécomptes, le levier de la dette servira à faire accepter et même désirer pour l’Europe une totale intégration fédérale, et au-delà, chemin conduisant à grands pas vers l’instauration d’une redoutable gouvernance mondiale.
Enfin, rappelons que si la création monétaire était entre les mains de l’état, si l’émission du crédit était administrée pour le bien collectif, l’inflation monétaire serait contrôlée et l’insupportable charge des intérêts n’existerait pas. L’homme de la rue ajoutera avec bon sens, que cette Dette qui gangrène la vie des Nations, est par essence une « dette détestable », laquelle n’a par conséquent pas vocation à être remboursée.
Par deux fois, les É-U ont refusé de payer une dette déclarée « détestable », à Cuba et en Irak. Les Islandais mis sur la paille par des gouvernants incapables, entendent faire de même. Le petit Équateur a pour sa part déclaré un moratoire unilatéral sur sa dette, la ramenant de trois mds de $ à 800 millions. À nous donc de refuser que des minorités financières s’enrichissent insolemment aux dépens des Nations, des individus et des peuples. Et plus encore, il s’agirait non seulement d’envoyer balader les Shylock qui prospèrent sur le terreau putride de l’idéologie ultralibérale (s’écroulera-t-elle comme le fit sa sœur jumelle marxiste-léniniste ?), mais en outre, il s’agirait de réclamer aux établissements bancaires le remboursement des intérêts indûment perçus. Et qu’ils crèvent, peu nous chaut, le monde ne s’arrêtera pas pour autant de tourner.
Le 8 juin 2011, dans l’indifférence médiatique dont nous sommes désormais habitués lorsqu’il s’agit de nucléaire, la centrale nucléaire de Fort Calhoun, dans l’Etat du Nebraska est encerclée par les eaux d’un Missouri en crue, et le niveau 4, comme à Fukushima au début de la catastrophe, a été décidé.
Et pourtant, ce n’est peut-être pas le plus important, car cette inondation vient de mettre en évidence des problèmes graves de sécurité nucléaire concernant cette centrale, problèmes que les autorités nucléaires espéraient garder secrets. lien
C’est un rapport du 8 juin qui confirme que la centrale a momentanément perdu le système de refroidissement qui sécurise les piscines de combustible usagé (et peut-être neuf !). lien
Pour mieux contrôler l’information, les autorités ont demandé à la FAA (Federal Aviation Administration) de mettre en place une « no-fly-zone » qui en toute vraisemblance est destinée à empêcher les curieux de venir photographier le site inondé, montrant que les aires de stockage extérieures étaient sous l’eau. lien
Elisabeth Cory Ishan, porte parole de la FFA, a bien au contraire justifié la décision en argumentant « il y a un risque de collision en vol qui pourrait compromettre les opérations sur le terrain. Nous devons garantir la sécurité des personnes sur la zone de la centrale nucléaire ».
Actuellement, la centrale nucléaire est donc devenue une ile, et il est devenu difficile, voire impossible de s’en approcher, même pour les journalistes, et même en bateau, puisqu’il y a interdiction de naviguer sur le fleuve. lien
Tout comme à Fukushima, la communication est essentielle, et Victor Drick, porte parole de la NRC (Nuclear Regulatory Commission), a déclaré le 16 juin : « Nous pensons qu’ils ont les mesures adéquates pour protéger la centrale nucléaire et assurer en permanence la sécurité ». lien
Tim Burke, vice président de l’OPPD (Omaha Public Power District) gestionnaire de la centrale lui a répondu en écho : « les digues de la centrale sont en cours de construction pour un niveau qui permettra de protéger contre la pluie et la libération prévue d’important lâchers de barrage, en amont du fleuve ».
Le mot de la fin, on le doit au maire d’Omaha : « nous ne voyons pas de préoccupation autour de la centrale nucléaire de Fort Calhoun ».
Ce n’est pas tout à fait l’avis de David Lochbaum, directeur d’une association de premier plan « l’Union des scientifiques » qui s’occupe particulièrement de la sécurité nucléaire et ses conclusions sont diamétralement opposées à l’optimisme officiel.
Il a déclaré : « à Fukushima, l’opérateur avait moins d’une heure pour réagir à la catastrophe, et à Fort Calhoun nous avons eu plusieurs semaines pour nous préparer à l’inondation de la centrale ».
Il n’a cessé d’alerter les autorités, avec d’autres spécialistes américains, des graves problèmes de sécurité susceptibles d’impacter la sécurité nucléaire, affirmant que tous les clignotants étaient au rouge, que les responsables le savaient, et qu’ils n’ont rien fait.
Un an auparavant, les inspecteurs de la NRC avaient dénoncé une totale impréparation en cas d’une prévisible crue du Missouri, et que des sacs de sables étaient largement insuffisants comme réponse à une éventuelle inondation.
L’OPPD, gestionnaire de la centrale affirme qu’il attendait début juin, en vain, que l’agence fédérale signe l’autorisation de modernisation contre le risque d’inondation.
Dès le mois de mai 2011 l’ACE (Army Corps of Engineers) avait prévenu les autorités d’un risque imminent d’inondation.
Le 21 mai, des sacs de sable avaient été mis en place pour protéger les bâtiments de la centrale, ce qui n’a pas empêché l’incendie d’une installation électrique, qui a perturbé le refroidissement des barres de combustible usagées, stockées dans la piscine de refroidissement.
Actuellement le problème essentiel serait de maintenir le refroidissement des combustibles nucléaires, et pour cela, des monticules de terre ont été érigés afin de protéger les installations électriques qui permettent l’alimentation de la centrale.
Victor Drick, de la NRC, affirme, calculs à l’appui que la piscine de stockage du combustible pourrait tenir 83 heures avant l’ébullition.
Comme l’écrit le site « cartoradiations » : « les autorités n’ont plus conscience de ce qu’elles disent, elles semblent être dans ce que nous pourrions appeler le « délire nucléaire » qui sous entend que tout est sous contrôle prévoyant avec « précision » la hauteur de la crue en cours, soit 1,60 m à 2,30m au dessus du niveau d’alerte d’inondation ».
On peut raisonnablement douter de l’efficacité des sacs de sable et des digues tubulaires en caoutchouc remplies d’eau, car ce type de protection ne tient pas si le niveau de crue dépasse les 2/3 de leur propre hauteur, et à ce moment, sous la poussée de l’eau, toute l’installation se disloquerait.
La question qui se pose maintenant étant : si la crue en cours dépasse les prévisions, que se passera-t-il, sachant que beaucoup d’installations névralgiques sont au niveau du sol, ou même en sous sol ?
Et question subsidiaire, comment réagiront les containers de stockage, actuellement sous l’eau ?
Pendant ce temps, à Fukushima, on est dans un scénario digne des Danaïdes, en tentant de remplir des vases qui se vident, et en tentant de dépolluer des milliers de tonnes de litres d’eau radioactive avant que tout ne déborde, et ne rejoigne l’océan.
On commence à peine à parler de l’explosion qui s’est passé le 14 juin dans le réacteur n°3, celui qui contient du mox (plutonium et uranium enrichi). vidéo
La Corée du Sud s’inquiète à son tour, puisque d’importants taux de radioactivité, provenant de Fukushima ont été mesurés. lien
Pendant que l’Italie, après une bonne partie de l’Europe, rejoint le clan de la sortie du nucléaire, isolant un peu plus la France dans son obscurantisme entêté, la Chine s’interroge sur le nucléaire, en suspendant la ratification de nouvelles centrales. lien
Bernard Laponche a beau démontrer qu’il y a une forte probabilité d’accident nucléaire majeur en Europe, le petit chef de l’état français, droit dans ses bottes, campe sur ses positions. lien
En Egypte, on a encore très peu de nouvelles sur l’explosion qui a eu lieu le 4 juin dernier, suite à une fuite d’eau radioactive, sur un réacteur, à Inchas. lien
D’autant que de nombreux accidents nucléaires survenus récemment ont été passés sous silence, comme celui du 9 avril à Washington, celui du 11 avril en Corée du Nord, celui du 14 avril en Tchécoslovaquie, celui de Surry aux USA le 19 avril, etc.…lien
Comment tout cela va-t-il finir ?
Pour l’instant personne n’a la réponse, et comme dit parfois mon vieil ami africain :
« le sage s’organise, le fou regrette ».
Que se passerait-il si une de nos centrales nucléaires subissait un accident grave ?
Une évaluation portant sur un tel accident pour la centrale de Gravelines, située à vol d’oiseau à 16 km de Dunkerque (70 000 habitants) et 20 de Calais (80 000 habitants) et qui nécessiterait
l'évacuation de ces deux villes pour une durée de 15 jours (au total environ 200 000 personnes en comptant l'ensemble des localités dans un rayon d'environ 30 km) conduisait à un montant
minimal de 4 milliards d'euros.
Ce chiffre prend en compte le coût de l'évacuation et la perte économique pour cause d'interruption d'activité pour une région dont le PIB était de 91 milliards d’euros en 2006, alors que le
montant d’indemnisation minimal garanti s’élève ainsi à 1,5 milliard d’euros (pour plus de détails : « Nucléaire : la France est-elle bien protégée ? » ).
Depuis combien de temps, et pour combien de temps, une zone de 30 km autour de Fukushima est-elle évacuée ?
Plus de 15 jours : on fera le calcul...
Affirmer qu'une catastrophe aux conséquences équivalentes à celle de Fukushima ne pourrait se produire en France, quels que soient les résultats des tests de sécurités qui seront bientôt
effectués, serait se satisfaire d'un raisonnement largement accepté hier mais dont les faits nous démontrent qu'il n'a plus la moindre validité.
Le risque de fusion du cœur était estimé à une fois tous les 20 000 ans pour chaque réacteur en fonctionnement.
J'écrivais récemment (« Probabilité d’accident nucléaire majeur : du calcul à la réalité... ») que ce risque était en
fait compris entre une fois tous les 3000 et une fois tous les 4000 ans, ceci en comptant 1 ou deux cœurs fondus à Fukushima : il y en a eu 3.
Le risque doit donc maintenant être estimé à une fois tous les 2 400 ans, ce qui est encore différent...
D'autres ont fait le même type de calcul avec des résultats qui ne rassurent pas plus : « Accident nucléaire : une certitude statistique ».

Plus il y aura de réacteurs en activité dans le monde plus il y aura d'accidents graves parce-que, tout simplement, les faits nous démontrent que nous ne pouvons agir sur certains paramètres
décisifs (ou contre ces paramètres destructeurs) en respectant une enveloppe financière compatible avec une rentabilité acceptable d'une centrale nucléaire : en d'autres termes on ne
construirait aucune centrale s'il fallait réellement la protéger réellement et très efficacement contre tout ce qui pourrait la rendre extrêmement dangereuse.
Certes il y a l'EPR, ce fameux réacteur de haute sécurité dont on a deux exemplaires pour le prix de 4 ou 5.... (voir le coût de ceux qui se construisent actuellement en Finlande et dans le
Cotentin) mais dont il n'est pas vraiment garanti qu'il résisterait à tout !
A 300 km environ des côtes du Cotentin se trouve le tombant du plateau continental.
Que savons-nous exactement de la possibilité qu'il s'effondre, créant un tsunami majeur tel que nous n'en n'aurions jamais répertorié (« Histoire et caractéristiques des tsunamis observés en France et sur ses
abords ») ?
Détenons-nous la preuve absolue qu'un tel effondrement serait totalement impossible ?
S'il se produisait alors que l'EPR de Flamanville serait en fonctionnement (et qu'il devrait donc affronter une vague de 10, 20, 30 mètres de haut ?) le réacteur et les annexes
indispensables à son fonctionnement correct résisteraient-ils ?
Imaginons que oui : combien de temps la petite équipe chargée de son fonctionnement devrait-elle poursuivre son travail (et le pourrait-elle vraiment ?) avant d'être relevée dans un
contexte de destructions importantes de l'environnement immédiat (routes, annihilation des équipes de relève car habitant dans des zones affectées par le tsunami...) ?
Le volume, peut-être très important, de débris divers engendré par le tsunami permettrait-il encore vraiment le refroidissement du réacteur (obturation des prises d'eau) ?
Avec une vague dont la vitesse de propagation atteindrait 600 ou 800 km/h il y a peu de chances que l'ensemble de nos réacteurs littoraux aient pu être mis en arrêt urgent de
fonctionnement : 5 implantations pourraient être gravement endommagées (Blayais - 4 réacteurs, Flamanville - 2 réacteurs actuellement , Paluel - 4 réacteurs, Penly - 2 réacteurs, Gravelines
- 6 réacteurs) pour un total de 18 réacteurs à ce jour.
Quel serait l'impact de ce tsunami sur ces installations ?
Que se passerait-il si une éruption majeure du Laki ou d'un autre volcan avait lieu, nous recouvrait d'un épais brouillard sulfuré
comme ce fût le cas en 1783, paralysant des pans entiers de notre société ?
Dans un autre registre a-t-on examiné avec tout le sérieux qu'il faut l'hypothèse d'une attaque informatique contre le système de gestion d'une centrale ?
N'est-il pas possible de créer des dommages majeur par cette voie ?
Ne négligeons pas non plus l'hypothèse d'une éruption solaire majeure, comme je l'évoquais dans « Eruptions solaires et centrales nucléaires » , qui présente un scénario catastrophe
absolument inquiétant.
Que se passerait-il dans le cas d'une éruption comparable à celle de 1859 (Éruption solaire
de 1859) ?
Nous pourrions facilement avoir l'impression assez durable d'être plongés dans une horreur absolue.
Car si les conséquences étaient telles que les circuits électriques et informatiques des centrales étaient atteints et mis hors service il faudrait aussi s'attendre à ce que de nombreux autres
systèmes soient en panne plus ou moins définitive.
Cela atteindrait probablement notre approvisionnement en électricité, la plupart ou la totalité de nos moyens de communication, de mesure, de transmissions... d'alerte et donc d'intervention, nos
trains... (« incendies de stations de télégraphie suite aux courants très intenses se propageant dans le sol » dans l'article de Wikipédia).
Plus d'internet, plus de téléphone, peut-être plus de radio selon les cas...
La certitude pour chacun qu'un problème important se pose mais peut-être l'impossibilité d'en savoir plus dans l'immédiat, l'incertitude totale sur la conduite à tenir, incertitude qui pourrait
perdurer longtemps si les systèmes de communication ne pouvaient être vite rétablis, et découlant de tout cela un très fort niveau de désorganisation.
Les stations service auraient-elles échappé aux effets des courants induits ?
Pendant combien de temps pourrions-nous « aller aux nouvelles » autrement qu'à vélo où à pied ?
Pour ajouter au désarroi la question : et les centrales nucléaires, ont-elles tenu le coup ?
Combien de ces centrales, parvenues au stade critique pour lequel le cœur entre en fusion à cause d'un manque de refroidissement, émettraient bientôt dans l'atmosphère un cocktail d'éléments
radioactifs ?
Comment le savoir, répandre la nouvelle, prévenir les populations de l'attitude à adopter selon sa position par rapport à chaque centrale, lancer l'ordre de distribuer d'indispensables comprimés
d'iode (et les distribuer massivement), organiser les évacuations là où elles devraient s'imposer... ?
Par pigeons voyageurs ?
Sans cette menace nucléaire la situation serait déjà terrible, avec : elle prendrait vite un parfum d'apocalypse... et se terminerait peut-être ainsi pour une part d'entre nous !
On imagine mal que cela puisse se produire ?
Mais qui avait imaginé la seconde guerre mondiale, dans toutes ses dimensions... ?
Ne serions-nous pas là confrontés à une limite intellectuelle de nos sociétés (de notre « intelligence collective » ?) ?
S'il avait été possible de savoir quels événements émailleraient l'avenir, même sans en connaître la date, et que l'on avait dit aux habitants de Fukushima, de sa région et plus largement du
Japon : nous vous proposons d'installer des centrales nucléaires à Fukushima, qui vous donneront pour des années une électricité à un prix abordable, mais qui subiront un jour un accident
tel qu'il sera indispensable d'évacuer un large territoire, auraient-ils accepté ou non ces centrales ?
Il me semble que non, et nous sommes exactement dans la même situation : nous savons que, pour une cause ou une autre (inventoriée ou non ci-dessus) un accident grave peut se produire mais
que, en attendant, nous bénéficions d'un courant abondant et abordable.
Et nous pouvons décider de conserver ou non cette menace, pour une plus ou moins grande durée.
Le 30 janvier 1933 Hitler parvient légalement au pouvoir en Allemagne.
Etait-il possible de prévoir, dans le contexte de l'époque, qu'il mènerait le monde à la situation catastrophique qui surviendrait ensuite ?
Je l'ignore mais si quelqu'un avait pu prévoir, avait eu la certitude que les choses ne pouvaient évoluer que vers une situation inacceptable, il aurait fallu que cette personne ait trouvé le
moyen de mettre fin à la carrière politique de Hitler quel qu'en soit le coût, évitant ainsi au monde cette seconde guerre mondiale immensément plus coûteuse.
Le temps passant les intentions du personnage se précisèrent et il devenait de plus en plus évident que l'on devrait redouter des évolutions inadmissibles.
Personne n'a payé le prix de la mise à bas de ce régime, à ces moments.
Ce n'est qu'en plein conflit que les USA décidèrent une entrée en guerre au prix d'efforts démesurés : toutes les ressources, toutes les énergies furent mobilisées uniquement vers l'objectif
de mettre fin à cette guerre.
On récupérait la moindre parcelle de métal, de cuir, de tissu, de toutes sortes de matières et de produits afin d'alimenter l'effort de guerre, les femmes se mirent à travailler dans les
aciéries, les usines de fabrication d'avions, de chars, de rations de survie... de tout ce qui était indispensable à ces soldats qu'étaient les hommes retirés de leur poste de travail de ces
mêmes usines pour aller sur le champ de bataille.
Faut-il le rappeler : le coût fut astronomique.
On peut déduire de cela que le fait de laisser s'installer une situation dangereuse, et de n'y pas mettre fin quel qu'en soit le prix, peut conduire à devoir payer ensuite beaucoup plus cher le
retour à une situation moins périlleuse.
Les aspects positifs d'une situation par ailleurs dangereuse risquent fort de n'être jamais à la hauteur des aspects négatifs que l'expression du danger pourra induire.
Une invasion de l'Allemagne destinée à mettre fin à la carrière de Hitler après qu'il ait violé le traité de Versailles (le 16 mars 1935, Hitler annonce le rétablissement du service militaire
obligatoire et décide de porter les effectifs de la Wehrmacht de 100 000 à 500 000 hommes) aurait eu un coût important mais aurait évité la seconde guerre mondiale.
Mais on ne connaît jamais l'avenir, ce que l'on peut imaginer de ce qu'il sera tient très largement à une juste évaluation du danger que présentent les situations dans lesquelles nous nous
mettons.
Or il apparaît aujourd'hui que, sous bien des aspects (compétition plus féroce pour toutes les ressources, bouleversements climatiques, économiques et sociétaux...), le monde pourrait devenir
encore plus instable qu'il ne l'est aujourd'hui, ce qui peut avoir des conséquences très directes sur nos capacités à gérer le quotidien.
Si une autre catastrophe nucléaire survenait cette année dans le monde que deviendraient les cours d'Areva, d'EDF... et les capacités économiques de ces entreprises ne seraient-elles pas
largement amputées, avec une influence possible sur la qualité de la maintenance des centrales... ?
Too Big to Fail (Trop gros pour tomber) : l'état prendrait le relais, ce ne serait peut-être pas pour alléger la facture de chacun...
Nous détenons maintenant la preuve que nous n'avons jamais su évaluer de façon juste les dangers que présente réellement l'industrie nucléaire quels que soient les efforts déployés pour la rendre
« sûre » et cela ne nous confère nullement la capacité à la rendre véritablement « sûre » car l'on constate qu'il nous faut prendre en compte des types de risques qui
dépassent très largement nos capacités d'anticipation et de résistance.
Le nucléaire c'est Hitler en 1933 : le risque illimité.
Alors certes une sortie du nucléaire aura un coût mais si largement inférieur à celui d'une seule « petite » mais bien réelle catastrophe qu'il ne faut peut-être pas tarder à ouvrir la
porte...
PS / Pour qui serait curieux de savoir comment sont faites un certain nombre de centrales nucléaires dans le monde : http://econtent.unm.edu/cdm4/browse.php?CISOROOT=%2Fnuceng&CISOSTART=1%2C1
On y trouvera notamment un éclaté de la centrale de Fessenheim dont un extrait illustre ce texte.
« Je ne suis pas anti système, le système est anti moi » ; « Banquiers plein de fric, citoyens indignés » ; « Mai 2011 le peuple parle : nous cherchons la solution que “ les politiques ne nous donnent pas ” » Ces trois slogans parmi d’autres, criés par les Espagnols qui se mobilisent de plus en plus dans les rues et sur les places de Madrid, résument particulièrement bien le désarroi des opinions européennes, en particulier dans les pays dit « périphériques » qui se heurtent à de colossales difficultés d’endettement.
Depuis des mois, je n’ai cessé - dans des interventions à l’Assemblée et lors de manifestations nationales organisées par DLR, mais aussi dans le livre « l’arnaque du siècle » que je viens de publier - de mettre en garde les dirigeants européens sur l’impasse de la politique économique et sociale menée en Europe.
Si aujourd’hui le peuple espagnol se réveille, ce n’est pas par hasard. C’est la conséquence directe de la politique d’austérité décidée par le gouvernement Zapatero sous l’influence, pour ne pas dire l’oukase, de l’Allemagne et de l’oligarchie de Bruxelles.
Une politique d’autant plus insupportable qu’elle est à la fois inefficace et injuste.
Inefficace, car on n’a jamais vu un plan de rigueur fonctionner quand la monnaie est surévaluée et empêche la reprise de la croissance. L’Argentine alignée sur la zone dollar s’y est essayée en son temps pour aboutir à la ruine, avant de se résoudre enfin à dévaluer sa monnaie et restructurer sa dette. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que son économie a pu redémarrer, l’emploi repartir et l’espoir de sa population renaître.
Il en va exactement de même pour la Grèce, l’Espagne, le Portugal et bientôt l’Italie et, au-delà, la France. Seule la sortie de l’euro permettrait à ces pays de retrouver leur compétitivité et d’offrir une perspective à leur jeunesse.
La révolte populaire espagnole s’explique aussi par l’injustice de la politique menée aujourd’hui. Au-delà du chômage de masse et de la baisse du pouvoir d’achat, c’est la dignité des citoyens qui est atteinte. Car au moment où l’on demande toujours plus d’efforts au peuple, une petite minorité se nourrit de privilèges toujours plus importants, les banques offrent à nouveau des bonus mirobolants aux traders, les grands patrons s’arrogent des salaires exorbitants.
On comprend dans ces conditions la colère du peuple espagnol qui sait que les plans mis en œuvre ne serviront à rien et le condamnent à toujours plus de souffrances. Ce qui est nouveau, cependant, c’est qu’aucune force politique n’a été capable de s’extraire de cette dépendance psychologique et financière à l’égard des nouvelles puissances. La classe politique a été absorbée, achetée par une classe dirigeante aveugle, sourde et totalement cynique.
La rue reste le seul exutoire. Ce qui se passe en Espagne devrait faire réfléchir les dirigeants européens, les obliger à renoncer à leur dogme. Mais en sont-ils seulement capables ?
Le compte à rebours a commencé. A nous, pour ce qui concerne la France, de lui offrir une vraie issue politique.
Depuis plus d'une semaine il se passe en Espagne des évenements inédits dans l'histoire des démocraties occidentales. Le peuple se réunit, occupe les principales places publiques dans plus de 60 villes pour dénoncer les manipulations politiques liées au système représentatif pas vraiment démocratique selon eux.
Vous n'en aurez sûrement pas entendu parler en France, et cela est tout à fait normal.
Les mass médias se musellent et forment une sorte de néo-censure qui empêche certains sujets de faire la une des journaux et donc de faire réfléchir la population.
Je ne sais pas si cette censure, si cet "oubli", ce manque d'information est décidé par un groupe de journalistes haut placés ou si les journalistes savent ce qu'ils peuvent aborder et ce qu'ils doivent éviter afin de ne pas fâcher le système qui leur donne de si belles vies.
Ainsi, le monde médiatique s'est décidé à taire de manière très brutale le mouvement de contestation espagnol pourtant comparable à ce qu'il s'est passé en Tunisie ou en Egypte.
Peut-être que sans morts et sans violence l'information n'intéresse pas les médias. En tout cas de la même manière que sur le mouvement espagnol, les médias avaient attendu plus de deux semaines avant de diffuser l'information sur ce qui se passait en Tunisie, en effet face à l'ampleur du phénomène ils n'avaient plus le choix.
Je vais vous montrer comment les médias ont étouffé et étouffent encore le mouvement espagnol, qui nous touche si directement car il dénonce un système qui est aussi le notre, la démocratie représentative.
Google actualité est un excellent outil qui permet de rechercher des artciles par sujet.
L'affaire DSK et ses dérivés : 9 000 articles
Le volcan Islandais(en deux jours seulement) : 700 articles
Mouvement des "indignados"(pour plus d'une semaine) : 500 articles (plus de 6 000 articles en espagnol)
Les médias traitent donc de manière totalement arbitraire des différents sujets.
Comme on pouvait s'y attendre, ils mettent en avant tous les évenements qui ne demandent pas de réflexion de fond ou qui ne remettent pas en cause le système actuel.
Ainsi les catastrophes (quand elles ne sont pas nucléaires), les accidents, les meurtres et les scandales personnels politiques sont adorés des médias. Ils permettent d'occuper le terrain de l'information et d'étouffer d'autres sujets qui pourraient nuire au système médiatico-politico-financier.
Un autre exemple montre bien la capacité qu'ont les médias à faire la vie politique :
L'affaire DSK a fait monter au créneau des associations féministes qui se battent contre le machisme et le sexisme. Résultat, samedi 21 mai toute la journée les médias ont relayé l'appel des féministes à manifester le dimanche 22 mai : résultat 3000 personnes.
A Paris(Bastille), et dans une dizaine de villes française, depuis Jeudi des centaines de personnes se réunissent et campent par solidarité avec le mouvement espagnol et pour réclamer une vraie démocratie. Ils étaient plus de 500 samedi à Paris, sans aucune publicité médiatique. Et bien sûr aucun média n'a fait état du rassemblement excepté quelques médias alternatifs.
Voilà pour la certaine censure subie par le mouvement espagnol.
Mais il y a encore un autre problème, quand les mass médias parlent de ce mouvement, ils oublient de dire l'essentiel. Ce n'est pas qu'un mouvement contre le chômage ou contre la crise, c'est surtout un mouvement réclamant une vraie démocratie (Democracia Real Ya !), et n'appelant pas à voter ou prendre parti. Alors quand BFM TV fait un mini-reportage ou après avoir ommis l'essentiel, elle finit par : "Les espagnols pourront donc aller s'exprimer demain dans les urnes", on ne peut se dire que c'est du journalisme.
Les médias ont un pouvoir énorme et sont coupable, avec notre système politique, de bien des maux de notre société, ils aliènent la population, font des amalgames, mentent, censurent, ne donnent pas la parole aux citoyens.
Pour cela, une solution, écrire des articles sur des sites participatifs, sur un blog ou ailleurs, ou alors créer de nouveaux sites ou journaux d'information.
Sinon recherchez sur twitter ou facebook pour trouver les prochains rendez-vous de soutien au mouvement. (Toulouse, Bordeaux, Poitiers, Marseille, Paris, Nice, Lyon, Montpellier, Nancy, Perpignan, Toulon, Rennes, Nantes) #Spanishrevolution #Frenchrevolution #Globalcamp
"Don't blame the media, be the media"
Le processus d’adoption de la nouvelle « gouvernance économique » fait son chemin. Du côté du Conseil, le « Pacte pour l’euro » engage les gouvernements sur la voie de politiques d’austérité renforcées. Le Parlement européen devra quant à lui se prononcer début juin sur le paquet de « gouvernance économique » qui comprend les principales mesures du nouveau dispositif.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi le feuilleton, la « gouvernance économique », en deux mots, c’est cet ensemble de mesures qui renforcent la surveillance et les contraintes sur les dépenses et l’endettement publics (voir : l’UE-topie des marchés, par le Corporate Europe Observatory).
Concrètement, ce renforcement de l’« orthodoxie » budgétaire devrait s’accompagner mécaniquement de son lot de mesures d’austérité dans tous les pays de l’UE : réduction de l’emploi public, avec éventuellement blocage des salaires, coupes dans les services publics et privatisations, réductions des pensions et financiarisation des retraites, réformes du droit du travail pour faciliter les licenciements, mise en place d’une fiscalité « business friendly »…
Mais si les plans d’austérité font le malheur des populations, ils ont tendance à faire rougir de plaisir les marchés financiers. Or que ne ferait-on pas pour ces pauvres banquiers et investisseurs, scandaleusement présentés comme les responsables de la crise, et jetés à la vindicte populaire ? Heureusement, les instigateurs de la nouvelle gouvernance économique, Commission et gouvernements européens, n’ont pas cédé pas au populisme ; car d’aucuns voulaient les mettre à contribution, et que leurs pratiques - certes parfois audacieuses - soient sévèrement encadrées. Voire, que leurs créances soient restructurées.
Non ; les dirigeants européens, dans leur sagesse jean-monnesque, ont bien saisi les causes de la crise de la dette : salaires trop élevés, services publics sur-subventionnés et inefficaces, systèmes de protection sociale trop « archaïques » et droit du travail pas assez « flexible ». Du coup histoire d’être sûr que ces salauds de fonctionnaires, de syndicalistes et d’assistés ne nous fassent pas replonger une seconde fois dans la crise, ils ont prévu des sanctions pour les gouvernements qui ne se plieraient pas à la « discipline » de la nouvelle gouvernance économique.
La question qui restait en suspens, c’était de savoir dans quelle mesure serait partagée cette conclusion certes audacieuse, mais pas forcément à la portée du péquin moyen. Fort heureusement depuis Bruxelles, il est toujours plus facile de la mettre à l’envers, en loucedé, aux salauds de fonctionnaires, d’assistés et de syndicalistes, toujours prompts à dégainer leurs mouvements sociaux sur la scène nationale. La jouer discrète, et exit les fâcheux, donc.
Restent les parlementaires européens. Ceux-là ne sont pas farouches. Et si les belles expertises, et toute la conviction des lobbyistes (incrustés au Parlement européen comme des moules sur un rocher), ne suffisent pas à se les mettre tous dans la poche, il reste que la majorité du Parlement européen penche vers la droite ; or par coïncidence de ce côté là de l’échiquier politique, on ne voit pas du tout d’un mauvais œil qu’on fiche quelques coups de pieds au cul bien placés à l’Europe d’en bas.
De fait, les amendements aux propositions de la Commission qui ont été votés le 19 avril par le comité des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont même renforcé certaines dispositions contraignantes de surveillance des budgets, tout en laissant délibérément de côté la question de la régulation financière. Au point que les Verts et le Parti socialiste européen, au risque de rompre avec le « consensus » cher aux institutions européennes (ce qui est très sale et malpoli, vous en conviendrez), se sont finalement opposés à l’adoption des rapports d’amendement.
De leur côté, au Conseil européen du 24 mars, les gouvernements se sont mis d’accord sur un « Pacte pour l’euro ». Celui-ci définit les grandes lignes de la future « gouvernance économique », qui devrait principalement viser à [1] :
S’assurer d’une
diminution du coût unitaire de la main d’œuvre (ça s’appelle la « compétitivité » chez les gens bien élevés, la « nique aux salariés » chez les autres)
Réformer le droit
du travail et le marché du travail pour plus de flexibilité et réduire les charges fiscales sur l’emploi (grosso modo : moins d’impôt pour les riches, plus de pression au
travail sur les pauvres)
Assainir les
finances publiques (saisis : les riches paient moins d’impôts, donc il faut trouver de l’argent ailleurs... juste un petit coup de canif dans ton assurance maladie et ta retraite)
Assurer la
stabilité financière (non, non tu t’égares. On va pas surveiller les banquiers et les marchés financiers. On va surveiller les dépenses publiques... qui sont responsables de la crise,
quoi ! Faut suivre, un peu)
En attendant la mise en œuvre des dispositions de gouvernance économique, en cours de ratification, les gouvernements se sont livrés au cours du sommet à une sorte de braderie des droits sociaux, chacun étant sommé d’apporter sur la table les mesures d’austérité qu’il a d’ores et déjà pris et qu’il pourrait prendre à court terme dans son pays. Côté français, Sarkozy n’a pas été en reste, il a notamment proposé l’inscription dans la Constitution du principe d’équilibre des budgets publics, et l’application de la réforme des retraites votée fin 2010 [2]. Ce à quoi il aurait pu ajouter la suppression 31000 postes de fonctionnaires en 2011 (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux), et la non-indexation des salaires des fonctionnaires [3].
Désormais, la balle est du côté du Parlement européen. Celui-ci devrait se prononcer en session plénière, du 6 au 9 juin à Strasbourg, sur le paquet de « gouvernance économique », dans des conditions assez exceptionnelles : le principe d’une procédure accélérée d’adoption ayant été actée au forceps par la majorité de droite au sein du comité ECON, les représentants des partis européens vont négocier avec le Conseil - de manière tout à fait opaque - un texte qui pourra être adopté en plénière.
Il y a fort à parier, vu la composition du Parlement européen, que le texte sera bel et bien adopté en plénière début juin, même sans le soutien des sociaux-démocrates et des verts. Ceux-ci se retrouvent cependant au pied du mur, devant deux options : d’une, épouser délibérément et explicitement les contours d’un néolibéralisme le plus brutal et le plus accompli. De l’autre, s’engager sur la voie d’une rupture qui remette en question certains réflexes automatiques vis-à-vis de la construction européenne.
Un autre enjeu concerne l’émergence d’une véritable mobilisation populaire dans les pays européens, face à ce que le président de la Commission appelle lui-même une « révolution silencieuse [4] ». Face à cette révolution, il est essentiel d’allumer des contre-feux. Et d’organiser, au plus tôt, une véritable contre-offensive coordonnée à l’échelle européenne.
PS : Le Corporate Europe Observatory et le réseau des Attac d’Europe organisent une pétition à destination des députés européens pour les enjoindre à voter contre la nouvelle « gouvernance économique » européenne. Ça se passe ici : http://www.france.attac.org/non-au-...
[1] Cf. Engagements politiques concrets et suivi, Conclusion du sommet de la Zone Euro du 11 mars 2011, http://www.consilium.europa.eu/uedo...
[2] http://bruxelles.blogs.liberation.f...
[3] http://dessousdebruxelles.ellynn.fr...
[4] Le Président de la Commission européenne, Barroso, à l’European University Institute, Juin 2010, cité par le Corporate Europe Observatory
Sous la présidence hongroise, un groupe de travail du parlement européen soutenu par des puissants lobbies entend tuer Internet tels que nous le connaissons en obligeant les fournisseurs d'accès à Internet à interdire des sites qu'un organisme X ou Y listera. La démocratie, l'accès libre à l'information n'est plus garantie...pire..."on nous dictera" comme en Chine, en Libye ou au Vietnam ce que nous devons lire ou télécharger [1].
Une présidence hongroise qui veut "un schengen de l'internet".
Le volet Internet fait partie d'un ensemble de priorités sécuritaires visant un ensemble d'aspect de polices européennes. Pour la partie Internet, le groupe de député autour du "Law Enforcement Working Party" veut simplement un Internet à la chinoise :
"The Presidency of the LEWP presented its intention to propose concrete measures towards creating single secure European cyberspace with a certain "virtual Schengen border" and "virtual access points" whereby the Internet Service Providers (ISP) would block illicit contents on the basis of the EU "black-list. "
Le texte est clair : des sites seront inscrits sur une blacklist et les fournisseurs d'accès devront en interdire l'accès. Qui tiendra la blacklist et sur quels critères ? mystères...
Des abrutis techniques mais des fous dangereux
Inutile de préciser que ce type de bloquage sera contournable et aura beaucoup de dommages "collatéraux" dans le sens où on peut soupçonner fortement certains pays européens qui s'enfonce dans le fascisme "simple et idiot" de vouloir y coller autre chose que des sites de téléchargements de Divx illégaux. On citera la Hongrie - dont la présidence est à l'origine des priorités de lutte contre le '''cybercrime'' - qui vient simplement de placer virtuellement dans l'illégalité tous les journaux d'opposition comme le ferait n'importe quel pays non démocratique de la planète.
La fin des associations du pays de "oui-oui".
Ce dernier volet de loi dangereuse pour nos libertés montre clairement que la voie institutionnelle prise par les associations de défenseur des libertés telle que la Quadrature du net par exemple en France est dans une impasse.
A vouloir discuter on se fait simplement avoir. Opposer l'intelligence, le travail et la pondération à des veaux qui ne font que suivre les ordres des donneurs de chèque - le parlement européen étant largement vendu aux lobbies et puant la corruption à plein nez - n'apporte rien : depuis 10 ans toutes les lois qui tuent Internet sont passées et ont été renforcées.
La voie prise par exemple par The Pirate Bay qui annonce "Une guerre de l'internet" [2] et le type d'actions passées d'une Ligue ODEBI créant "une armée numérique" semble bien les seules réponses susceptibles de faire bouger le lignes.
Les germes d'une vraie guerre civile.
Malheureusement les nouveaux cyberactivistes devront peut-être passer par la case prison pour faire valoir leurs droits vu la marge de manoeuvre nulle qu'il leur reste.
Cet acharnement contre notre droit à la vie privée et au libre accés à l'information raisonne comme un écho funeste à l'inclinaison de notre époque à vouloir contrôler ce que fait le citoyen dans sa vie personnelle.
Pire, cet état d'esprit semble partagé par une majorité de la population qui applaudit à cet enfermement comme le montre un sondage sur HADOPI où le filtrage semble plébiscité par les citoyens [4] qui ne comprennent pas le cheval de troie que représente la lutte contre les Divx & Mp3 pour tuer toute expression libre sur la toile.
La population européenne dans son ensemble ne sait pas ce qui s'est joué sur Internet et ne comprend pas les combats menés par les associations de lutte contre ces lois.
Une vraie "fracture" (encore une) traverse donc aussi nos sociétés occidentales et ne présage rien de bon pour l'avenir.
Si un mouvement politique qui ne tient pas beaucoup à la démocratie accède au pouvoir et utilise les formidables outils de coercition mis en place...que se passera-t-il ?
Il se passera ce qui s'est passé dans les printemps arabes... tout simplement sauf que cette fois-ci une majorité de la population appuiera la répression et qu'aucun avion de l'OTAN ne viendra bombarder les pouvoirs en place.
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